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Les emplacements dangereux et la nouvelle classification : impacte sur l'éclairage

Par Christine Couture, ing.
Directrice des comptes nationaux
Hubbell Canada LP. - Division de l'éclairage

Les modifications à la section 18 du Code canadien électrique 1998 impliquent un changement dans la façon de déterminer les emplacements dangereux. La nouvelle classification des emplacements dangereux touche, pour l'instant, seulement les secteurs à atmosphère gazeux explosif c'est-à-dire les secteurs classifiés Classe I

Traditionnellement au Canada, la classification des emplacements dangereux se fait en distinguant la présence de gaz explosif (Classe I), de poussières combustibles ou électriquement conductrices (Classe II) et de fibres inflammable (Classe III). Chacune de trois classes se subdivise en Division 1 ou Division 2 et en Groupe A, B, C, D, E, F, G selon les produits en présence dans l'air.

La nouvelle classification s'harmonise d'avantage avec les normes internationales IEC (International Electrotechnical Commission) qui classifie les espacements dangereux à atmosphère gazeux explosif en Classe I et Zone 0, Zone 1 ou Zone 2.

Pour classifier un emplacement dangereux, on quantifie le nombre d'heure pendant lesquels il y aura présence de chaleur, de gaz explosif et d'oxygène en concentration suffisante pour qu'une réaction de combustion instantanée ait lieu. Lorsque la présence du risque d'explosion est inférieure à 10 heures par année, avec la méthode des divisions on classait le secteur : Classe I, Division 2. Avec la nouvelle classification on classifie l'application de Classe I, Zone 2. Pour une présence de plus de 10 heures par année, on classait l'application de Classe I, Division 1. Pour sa part, la nouvelle classification ajoute une plage de présence du produit gazeux explosif se situant entre 10 et 1000 heures par année pour définir la Zone 1. Tout temps de présence supérieur à 1000 heures par année est défini comme étant la Zone 0.

Le changement de classification des emplacements dangereux stipulé au code électrique s'applique pour toutes les nouvelles constructions alors qu'il est possible de conserver l'ancienne méthode de classification pour les emplacements existants. La rénovation, l'ajout, l'entretien et la réparation d'emplacement existant ne sont pas assujettis à la nouvelle classification.

La modification de la classification des emplacements dangereux ayant le plus d'impact est l'introduction de la Zone 0 car la seule méthode de protection acceptée dans une Zone 0 est la protection par la sécurité intrinsèque. Ainsi, l'utilisation d'appareil d'éclairage est difficilement réalisable dans un emplacement classifié Classe I, Zone 0.

Lors de la conception d'un système d'éclairage pour les emplacements dangereux il faut tenir compte de la classification du risque de façon à utiliser le luminaire correspondant à l'application. Ainsi dans un emplacement comportant un risque de présence de butane de plus de 500 heures par année, la méthode de classification précédente aurait classifié l'emplacement de Classe I, Division 1, Groupe D en raison de la catégorie de gaz en présence. Selon la classification CCE 1998, l'emplacement devient Classe I, Zone 1, Groupe IIA.

Une autre donnée importante à prendre en considération dans le choix du luminaire à utiliser est la température d'ignition du gaz en présence. Il est essentiel que la température d'ignition ne soit pas atteinte si on veut éviter les risques d'explosion. Les manufacturiers de luminaires classifiés indiquent sur la plaque de nomenclature de l'appareil d'éclairage, le code de température du luminaire. Le code de température du luminaire correspond à la température de surface le plus élevé sur le luminaire. La plupart du temps, la température la plus élevée se retrouve au niveau de la lampe.

À titre d'exemple, la température d'ignition du butane est 287oC. Il faut donc utiliser un luminaire ayant un code de température inférieur à 287oC, ce qui correspond à un code de température de T2A. Il devient important de vérifier la classification du luminaire et son code de température, qui varie selon l'intensité de la source lumineuse sélectionnée. Par exemple, le code de température d'un luminaire de 70W HPS de Classe I, Zone 2 est T3A (180oC). Le code de température du même luminaire utilisé avec une lampe de 250W HPS passe à au niveau de température T2A (280oC ). Il devient donc intéressant de sélectionner des luminaires ayant un code de température le plus bas possible de façon à ne pas être limiter dans le choix de l'intensité de la source lumineuse à utiliser.

En conclusion, le choix des luminaires à être utilisé dans un emplacement dangereux doit tenir compte de la classification de l'emplacement et surtout de la température d'ignition des gaz en présence.

(article initialement paru dans la revue Électricité Québec, mai 2001, volume 48, no5)


Christine Couture, ing.
Directrice des comptes nationaux
Hubbell Canada LP - Division de l'éclairage

Tableau des codes de température:

Code de température Température maximale de surface
T1
450°C
T2 300°C
T2A 280°C
T2B 260°C
T2C 230°C
T2D 215°C
T3 200°C
T3A 180°C
T3B 165°C
T3C 160°C
T4 135°C
T4A 120°C
T5 100°C
T6 85°C

Tableau comparatif entre le système de division et le nouveau système de zone pour la Classe I.

Class I Système de division Nouveau système de zone CCE 1998 Notes:
Atmosphère gazeux explosif Division 1 Zone 0 Présence du risque pendant plus 1000 heures par année
    Zone 1 Présence du risque entre 100 et 1000 heures par année
  Division 2 Zone 2 Présence du risque inférieure à 100 heures par année

Exemple des codes de température des luminaires de la série KH selon le niveau de classification: